19.05.2012
Photographies de l’Etrange
Mai 2012. L’Atelier, 1, rue de Chateaubriand, à Nantes. Photographies de l’Etrange, les travaux de cinq photographes exposés.
Yvon Bobinet. Paysages/Pays sages.
Ça peut se regarder comme ça. Les yeux nus. Des images. Aux couleurs un peu rouille, un peu verdâtre. Pas du tout aguicheuses. Destinées à accrocher le regard cependant, criant, interpellant le visiteur. Et ne se livrant pas directement. D’abord, on croit regarder des paysages, des lieux de verdure où stationnent quelques véhicules, où déambulent des piétons. Et soudain l’œil décèle une gigantesque bouteille, comme tombée dans le paysage, avec des dimensions de dinosaures en goguette. Ceci n’est pas un monde réel, ceci est un monde reconstitué. Du point de vue de l’aspect, ces photographies, avec leurs couleurs un peu délavées, me font penser à ces vieilles photos peintes qui ornaient les murs chez ma grand-mère dans les années 50.
En fait, il faut chausser les lunettes 3D (à disposition dans des bacs). Et alors, ça se jette sur vous, ça s’extirpe du mur. Plus de couleurs rouille. Mais un vertige. La profondeur de champ de la 3D permet une nouvelle lecture des clichés. Yvon Bigonnet a opté pour l’approche binoculaire : deux appareils fixés côte à côte, chacun prenant un cliché selon un angle de vue légèrement différent. Les photos sont ensuite traitées pour ne retenir, sur l'un, que le bleu et le vert, sur l'autre, le rouge. La juxtaposition de ces deux clichés est ce que l'on appelle un anaglyphe (…)
Sur la page https://www.photoalouest.com/tiers/galerie-531.php , on a une idée de ces photos. Même si elles sont mille fois mieux en vrai. Avec ou sans les lunettes.
Florence Chevallier. La chambre invisible. Des vêtements, des tissus drapés, des plis, de l’ombre & de la lumière. A la première visite, ces grandes photos, saisies à la lumière violente d’un soleil bas, m’ont évoqué le travail de ces peintres de jadis qui reproduisaient soigneusement les robes des femmes qu’ils représentaient, les draps des lits. Mais ces compositions ont vocation à aller au-delà du simple rendu. Ici se mêlent l’ombre et la lumière, et tout ce qui leur est généralement associé, l’angoisse et la joie, le froid et le chaud, la solitude et les sentiments. On en saura plus sur le travail de Florence Chevallier en explorant http://florence-chevallier.blogspot.fr/
& http://florencechevallier.blogspot.fr/?zx=3c965d2d126bb111
Laurent Lafolie. Missingu. Des personnages photographiés grandeur nature. Technique utilisée : tirage au platine-palladium sur papiers légers composées de fibres naturelles. A l’atelier, ces portraits sont installés d’une manière fascinante mais qui ne met pas suffisamment les portraits en valeur. Pour les apprécier, aller sur http://www.galerie-photo.com/laurent-lafolie.html
On trouvera aussi d’autres photos sur le site de l’artiste :http://laurent-lafolie.fr/
Laurent Millet. Please Hold The Line. Ce qui a d’abord suscité chez moi de la perplexité. Puis un apprivoisement. Comme il est précisé sur le feuillet qui présente l’exposition, le travail de Laurent Millet est à la croisée de la photographie, de la sculpture ou de l’installation, du dessin. Ici, du fil de fer, dans un lieu entre ciel et eau, plongé dans un espace entre irréel et réel. Déstabilisant. D’où ma perplexité au départ.
Il faut aller visiter la page correspondant à la présente exposition sur son site :
http://laurent-millet.com/#Please-Hold-the-Line-2009
En fait je conseille vivement tout le site :http://laurent-millet.com/ . Textes, vidéos, photos vous donneront un aperçu du travail très riche de cet artiste.
David Zérah. Glasgow.
Dans l’univers de David Zérah, ça pétille, les couleurs sont acidulées, les thèmes légers comme la vie quand elle est belle.
On peut voir les œuvres exposées à l’Atelier et bien d’autres sur http://www.davidzerah.com/
Et quelques autres d’un autre genre sur : http://ddab.org/fr/oeuvres/ZERAH
Pour toutes les infos sur les expositions à l’atelier : http://www.nantes.fr/culture/actualites-culturelles/les-expos-de-l-atelier
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16.05.2012
Seul dans le bleu
21:52 Publié dans photos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.05.2012
Vortex
Jeudi 26 avril au Théâtre Universitaire de Nantes. Dans la petite salle. Une scène ronde. Comme au cirque. Et, pendant tout le spectacle, on pensera effectivement au cirque. Mais aussi à la danse, à la sculpture, à la bande dessinée, à la folie qui gratte derrière la porte, à la nature humaine.
Un spectacle plein comme un œuf.
D’abord il y a un homme qui évoque l’homme invisible avec son costume cravate, son visage emmailloté dans des bandes blanches. Pour ne pas être vu. Pour ne pas être reconnu. Anormal malgré lui. Peut-être. Pourrait bien aussi ne pas avoir envie de vous ressembler. Vraiment.
L’homme a des petits. Il les fait lui-même. Il sème plein de petits bouts d’hommes en plastique, des personnages taillés dans des sacs. Les ventilateurs se mettent en marche. Les petits êtres de plastique se mettent à danser. Chorégraphie ! Valse ! Polka !
L’homme bouge. Danse. Hésite. Poursuit les petits personnages. Voilà, il s’agace, il se met en colère. C’est la faute au vent. La silhouette difforme soudain pète les plombs, détruit les danseurs-sacs poussés par le vent.
Ça évolue. Ça passe à autre chose. Commence une métamorphose. L’homme enlève sa première peau, ce costume cravate. On dirait une larve qui se dépiaute. Danse avec la silhouette, ce sac de peau gonflé comme une outre, ce sac de plastique qui prend vie. Obèse et léger. Les ventilateurs ! La danse encore une fois ! Et hop ! à la poubelle. Comme les petits personnages en plastique.
De son ventre à lui, maintenant, ils tirent des rubans, des mètres de rubans, des kilomètres, des années-lumière. Tout en haut, vers le plafond, sous la voute, les rubans maëlstroment, vortexent, tornadent, cyclonent, spiralent.
L’homme a maigri. A force, c’est normal. Après tout ce qu’il a sorti de ses poches, de son ventre. L’homme est devenu une danseuse, pas encore une femme, mais on y vient tout doucement, on s’en doute désormais, on sait que ça va se terminer comme ça.
A la fin : le nid avec la danseuse au-dedans. Le nid de plastique évidemment, doux duvet d’aujourd’hui. Puis la femme surgit de la danseuse. D’abord sa chevelure. Puis le reste. Dans le cocon. Le noir tombe. Le noir efface.
Applaudissements à tout rompre.
Phia Ménard, s’est confronté au vent, a dompté le vortex. Peut-être. Pour le moment, en tout cas.
Direction artistique et conception de la scénographie
Phia Ménard (dite Philippe Ménard)
Assistant à l’écriture
Jean-Luc Beaujault
Composition sonore
Ivan Roussel
Régie générale plateau
Pedro Blanchet
Création lumière
Alice Ruest
Accessoires
Philippe Ragot
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