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Dédale 21052

  • CHAUSSÉE DES MOINES, CRÉPUSCULE (Promenade improvisée)

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    23 novembre 2017. Sur la chaussée des Moines. A Vertou.

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    L’écluse dans l’humidité du soir.

    Deux pêcheurs têtus (Que pêchent-ils ici qu’on ne trouve déjà dans une lessiveuse ?).

    Et la surface de l’eau couverte d’une pellicule végétale parfaite, sans la moindre ride, qui caricature une prairie monstrueusement verte, mais fascinante. 

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    Promptement, le gris du crépuscule contamine la lumière, tout s’estompe. Il pleut de l’ombre.

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    Sur l’ancien chemin de halage qui longe la rivière, la Sèvre, des piétons surgissent du noir.

    Dans une large prairie entourée de fils barbelés, musardent deux chevaux sympathiques qu’indiffèrent nos déambulations au début de la nuit.

     

    Au retour, deux oiseaux de nuit hululent et semblent amorcer une vague conversation dans le bois d’ombres qui borde le chemin. La vie nocturne se tient à distance derrière d’invisibles frontières.

     

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  • L’ÉCLUSE, LE CHÂTEAU ET LE CIMETIÈRE MARIN (3 jours en Bretagne)

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    11 octobre.

    Pontivy.

    Posé sur une butte, le château des Ducs de Rohan est fermé comme une huître. Peut-être attend-il le déblocage des budgets qui lui rendront vie. En attendant, au bas des murs, sans doute pour contrer ses futures tendances à l’éboulis et aux gravats, quelques échafaudages, planches en vrac, palettes portant parpaings gris, gisent, velléités de chantier en pause, tentatives de ravalements en pannes provisoires.

     

    Dans le centre, quelques piétonnes, quelques élégantes  fréquentent les vieilles rues, s’attardent devant les boutiques, convoitent ou négligent les petits trésors artisanaux en vente libre, les vêtements ethniques, bottillons et brodequins en solde, abat-jours aux prix rabat-joie et le reste du même tonneau.

     

    Les grilles de la sous-préfecture sont longues et monotones comme des formulaires cerfa.

     

    Fin d’après-midi. Le gris du crépuscule plombe l’atmosphère à Saint Nicolas des Eaux.

    Paysage habituel des bourgades sur le canal de Nantes à Brest, écluses, esquifs, rouille et traces verdâtres de la marine fluviale disparue.

    Les eaux dorment.

    Les eaux sont lisses.

    Pas le moindre sous-marin.

    Rien qui ne puisse briser l’état méditatif, et plus ou moins somnolent, que suscite ledit paysage.

     

    12 octobre.

    Locminé.

    Le marché s’est installé autour de l’église étonnante, détonante, où se mêlent le monde ancien des vieilles pierres et le monde moderne, contemporain, du béton et des volumes. Au moment de l’édification, cette architecture a dû délier les langues (ce qui semble facile dans le coin), voire même créer les polémiques. Les Anciens contre les Modernes. Les Traditionnels contre les Fadas. Les pro-églises-romanes-en vieilles-pierres-avec-de-la-mousse-sur-les-tibias-de-l’ossuaire contre les pro-liturgies-catholiques-occidentales-c’est-plus-démocratique-et-cool-de-prier-dans-un-garage.

    Cependant, et tout autour donc, le marché bat son plein, comme on dit, et le chaland habituel s’y presse et s’approvisionne promptement entre deux rencontres. Surtout des personnes au-delà de la soixantaine, voire plus (je n’ai jamais su fixer les âges sur les visages et les dégaines, je vois des bébés partout). Et ça papote, devise, cancane, marmotte, cause, dégoise, baragouine, discute, dispute, suppute.

    Un monde ancien, que je croyais disparu, est là qui chuchote encore.

     

    Josselin, et encore un château des Ducs de Rohan. En bien meilleur état que l’autre.

    La basilique, superbe, contient quelques beaux vitraux, un tombeau de marbre blanc avec ses gisants, Olivier de Clisson et son épouse.

     

    Dandy, l’Oust lumineux se maquille en orange, juste avant l’averse qui nous ramène à notre voiture.

     

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    Paysages de jours de pluie.

    L’imprécision, voire l’absence, des panneaux de signalisation bretons a pour conséquence une divagation agacée dans la région, vers le sud, donc en tournant carrément le dos et sans le savoir à notre objectif. A Roc-Saint-André, il n’y a rien à voir, il conviendrait plutôt d’y randonner, de découvrir le terroir du bout des semelles, cependant l’état du ciel, gros d’averses certes sans doute éparses, mais néanmoins redoutables, dissuade.

     

    Un peu plus tard, la route est enfin la bonne qui remonte vers le nord, vers Rohan, objectif initial.

    Un peu décevant l’objectif. Un peu trop arrosé de gris. Un peu poussif côté joie de vivre.  Pas de château alors qu’on est à Rohan.

    Mais il y a le paysage du canal de Nantes à Brest, écluses, esquifs, rouille et traces verdâtres de la marine fluviale disparue.

     

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    13 octobre. Auray et le petit port de Saint Goustan. Vieilles rues, boutiques d’artistes, d’artisans d’art, mais aussi de marchands se faisant passer pour des artistes ou des artisans d’art.

    Et un peu plus loin Le Bono. Sur le parking, une jeune femme, debout dans sa décapotable, déjeune - manger un sandwich jambon beurre dans une superbe auto en regardant la mer, ça doit être le fin du fin, le paradis païen ici-même et maintenant, mais je n’ai jamais essayé.

    Le port. La rivière. Les vestiges de l’ancienne ostréiculture (monceaux de tuiles où étaient élevées les jeunes huîtres).

    Au bord de la rivière, tout près, des mulets fouillent la vase de leurs museaux, puis repartent en lâchant derrière eux un fin nuage de boue, comme s’ils fumaient.

     

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    Et au bout de la balade, le cimetière des bateaux.

     

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    Squelettes de bois enfoncés dans la vase.

     

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    Puis, sans transition, en milieu d’après-midi, retour vers la vie de tous les jours.

    Embouteillages à Vannes.

    Embouteillages à Nantes.

    Même pas moyen de faire demi-tour.

     

     

  • canal de Nantes à Brest

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