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  • Perméable aux idées, Jean-Michel Bongiraud

    6 avril 2010. 20 heures. 2, rue Louis Blanc, à Nantes. La petite salle du café de la Rotonde s'est remplie d'amateurs de poésie. C'est ici qu'un mardi sur deux Eric Simon propose des lectures, tantôt scènes libres où chacun peut dire ses œuvres, tantôt soirées plus spécifiques autour d'un auteur, d'une œuvre. Ce soir : Jean-Michel Bongiraud.

     

    Chez certains poètes, les convictions idéologiques, philosophiques, politiques défigurent l'écriture. Le poème devient tract. Pas chez Jean-Michel Bongiraud. Pourtant l'homme soutient la cause anarchiste et une forme d'humanisme chaleureux. Cela se ressent dans ses recueils comme dans ses publications revuistiques. Mais l'écriture a assimilé les idées libertaires, c'est elle qui dirige, c'est elle qui pilote le texte, le slogan ne lui a pas tordu le cou.

     

    Jean-Michel Bongiraud est de ceux qui se dévouent pour faire connaître les auteurs. Et quand on a pratiqué un peu la publication d'une revue, on sait que l'expression se dévouer, n'est pas usurpée.

    Ce fut d'abord Parterre verbal de 1992 à 2001. Puis Pages insulaires, parution bimestrielle perméable aux idées, de format A 4 et sur papier bleu clair. Le sommaire est loin d'être réservé aux poèmes. On y trouve des interviews de revuistes, de poètes, de penseurs, des chroniques musicales (Guy Ferdinande, Gaëlle Josse), des notes de lectures (Gérard Paris, Patrice Maltaverne, Jean-Louis Bernard, Gaëlle Josse, Georges Cathalo, etc.), des articles et naturellement tout de même textes & poèmes.

    C'est une revue qui ne ressemble pas tout-à-fait aux autres revues de poésie, parce qu'elle laisse beaucoup de place à la réflexion, à la pensée. En fait, elle aide à habiter le monde, à ne pas le réduire à une boutique de prêts à consommer.

    On peut s'y abonner : 20 euros pour 6 numéros - Pages insulaires, 3 Impasse du Poirier, 39700 Rochefort-sur-Nenon.

     

    Le 6 avril, à la Rotonde donc, l'un des rendez vous les plus tenaces de poésie sur Nantes,  Jean-Michel Bongiraud a parlé de sa revue puisque le public lui a posé des questions à ce sujet. Mais il a surtout lu ses poèmes. Et on ne s'en plaindra pas.

    Nombre  de ses livres ont été publiés chez Editinter - BP 15, 6 square Frédéric Chopin, F- 91450 SOISY-SUR-SEINE, www.editinter.fr  : l'Herbe passagère ; Un livre pour la pluie ; Du bout de mes orteils ; Le Livre des Silences ; Apesanteur fiscale ; Fermentations poétiques. D'autres ailleurs, chez d'autres éditeurs : Encres vives - http://pagesperso-orange.fr/atelier-ecriture-thotm-pierre.colin/encres_vives/2encres_revue.htm -, Le Dé bleu, Traces, Clapas- http://pagesperso-orange.fr/clapassos/ -, etc. Ainsi, je possède un polder 96, Cercles alphabétiques, contenant des illustrations de Claudine Goux. Ce Polder est un supplément à la revue Décharge n°96 parue en 1998 - http://www.dechargelarevue.com/ -.

    Voici les premières lignes de ces Cercles alphabétiques  car rien ne vaut un petit échantillon pour découvrir une écriture :

     

    ARCHE

     

    : langage en continu. Ou ce qui nait.

     

    Aux abords de certaines lignes tu prends appui

    contre les mots.

     

    Entre toi et la rive le vent souffle. En opposition.

    Une étrange influence (lame de fond)

     

    Le matin où tu lisais.

    Commençais à déchiffrer plusieurs vieux

    ouvrages.

    Il neigeait.

     

    Ce qui me séduit le plus dans la poésie de Jean-Michel Bongiraud tient dans la richesse du vocabulaire, la diversité des évocations, comme si elle était une galaxie où scintillerait une myriade de mots clefs. Et ces constellations évoquent aussi bien les petites choses, celles qu'on découvre à ras de terre, comme l'herbe, comme la mince sauterelle que les immensités, les cosmos, les voies lactées. Il en découle une gente musique. Car la richesse du vocabulaire implique une richesse des sonorités.

    En lisant Jean-Michel Bongiraud, nous sommes au monde.

     

    Alors l'homme caché dans les essieux

    l'horloge agrandie par mon visage

    le monde deviendra futaie

    et dans les entrailles au cœur vert

    les jours n'auront plus de langueur

    mon buste adossé à la rambarde

    acclamera le livre bu

                L'herbe passagère, Editinter, 2009

  • CARCASSONNE

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