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  • LE BLANC, L’ETRANGE

    Une fois par mois – ou plus quand les expositions méritent le retour -  je me rends à la galerie Confluence de Nantes et à l’Atelier, non loin de là. En février 2012, la première donnait à voir la dernière œuvre de Luca Gilli, Blank, et le second, une rétrospective de l’œuvre de Corinne Mercadier. Des travaux totalement éloignés l’un de l’autre. Un plaisir différent en chaque lieu. Celui de sauter d’un monde l’autre.

     

    Dès les premiers pas dans la galerie Confluence, les œuvres de Gilli, aux murs, captent immédiatement le regard, l’attention. Impossible de passer à côté de manière indifférente. Une blancheur diaphane qui s’impose. Qui sature. Et qui m’aura joué un bon tour : ayant visité l’exposition deux fois, mais en espaçant les visites de plus d’une vingtaine de jours, ma surprise fut grande au retour de constater que ma mémoire avait occulté toutes les couleurs des photos pour ne garder qu’une série de clichés blancs laiteux ; or la couleur est omniprésente, elle perce le blanc sur tous les clichés. On mesure là la puissance suggestive de ce lait de lumière que déverse sur vous l’œuvre de Luca Gilli.

    Le photographe italien travaille sur la surexposition et crée ainsi des œuvres d’une atmosphère extraordinairement surnaturelle, surréaliste, métaphysique.

    Avec Blank, il photographie des lieux en construction, des pièces en chantier. Ces lieux sont navrants de banalité, le produit d’une architecture sans qualité, plate, anémiée. Des déserts lessivés, exsangues. Mais ces moments anonymes, états provisoires de ce qui deviendra plus tard lieux de vie, ainsi surexposés, libèrent du coup une force comme si quelque chose cherchait  à surgir du blanc chauffé à blanc.

    Blank, en anglais, veut dire vide. Ce qui, donc, peut être rempli. Et qui n’est pour l’instant plein que de lumière. De trop de lumière. Déserté de toute présence humaine. A part quelques traces révélant un devenir en cours.

    Alors quand apparaît, tombant du plafond, une gaine bleue contenant un fil électrique, ou, crevant le vide laiteux, un radiateur, une échelle de peintre, un fauteuil incongru, on ne voit plus qu’eux, sortes d’inattendus invités, plaqués sur la réalité, avatars.

    Blank  est un voyage au début de la réalité, quand la lumière impose ses lois au monde et que l’homme va bientôt venir pour sculpter le vide.

    Galerie Confluence

    14 quai de Versailles

    44000 Nantes

    Tel : + 33 (0)2 28 44 98 91

    http://www.galerie-confluence.fr/

     

     

    L’Atelier est un lieu idéal pour les rétrospectives. Outre la quantité d’œuvres qui peuvent être exposées au même instant, la configuration des lieux - grosso modo une cour centrale et des salles tout autour - permet de mettre en évidence les périodes créatives de l’artiste, les thèmes différents de son catalogue, les techniques multiples qu’il a pu utiliser.

    Corinne Mercadier, qui y expose au mois de février 2012, est une photographe dont l’œuvre est justement liée à l’utilisation de plusieurs techniques, plus précisément, jusqu’en 2008, le Polaroid SX 70, puis, la photographie numérique.

    Cette œuvre se caractérise par sa singularité, son atmosphère étrange. En filigrane toujours, racines sans doute de l’œuvre : la peinture et la littérature. Les 60  photographies ici ensemencent l’imaginaire. A la manière des œuvres surréalistes. Elles déclenchent des rêveries, des pensées, des errances mentales, comme peuvent le faire certains textes ou les peintures d’un René Magritte, d’un Giorgio De Chirico[ (période métaphysique, les mannequins). Devant les soixante œuvres exposées, j’ai toujours eu à l’esprit ces deux peintres.  Notamment devant la série Solo.

    Au-delà de toutes références ou citations, la peinture est présente, comme en filigrane, dans le travail photographique. Une peinture connectée constamment à la pensée.

    Dans son œuvre – noir et blanc, couleurs -, l’horizon, le vide, le point de vue, le cadre jouent un rôle important. La lumière et l’indéfinissable aussi.

    La vidéo m’a particulièrement intéressée où la photographe présente son travail et notamment ses carnets. Les références littéraires deviennent évidentes. Le premier vers de la Divine Comédie de Dante. Un recueil de Mallarmé.

    Dans cette vidéo, dans ces carnets, se précise la démarche. Derrière les œuvres exposées se tient toute une méditation lente sur les choses. Il ne s’agit pas seulement de créer des objets esthétiques.  Le monde est vu autrement, d’une autre façon. L’étrange s’immisce tout doucement, un peu comme un passager clandestin qui laisserait des traces çà et là, sans jamais apparaître lui-même. Il n’y a pas description simple de la réalité mais de tout ce qui peut palpiter en elle, toutes les strates de pensées. Avant de prendre la photo, Corinne Mercadier crée une image où le paysage est le décor, où les objets et les personnages se voient assigner une place précise. Qui donnera du sens. Mais le passager clandestin reste introuvable. Toujours caché dans quelque cale inaccessible. Comme dans la vie.

    http://www.corinnemercadier.com/

    Corinne Mercadier  vit et travaille à Paris.
    Elle est représentée par la Galerie Les filles du calvaire à Paris, et la Galerie Alan Klotz à New York.
    L'Atelier
    1, rue de Chateaubriand.

    Entrée libre.

    Du mardi au samedi de 13 à 19h

    Dimanche de 10 à 15h (sauf mention contraire).

    Fermé les lundis et jours fériés.

    Renseignements: +33 2 40 41 90 00.

    http://www.nantes.fr/culture/actualites-culturelles/les-expos-de-l-atelier

  • sphère bleue

    IMG_0347.JPG

  • RESERVOIRS CULTURELS

    Connaissez-vous Emeric Cloche aka Dj Duclock ?

    Si ce n’est pas le cas, il est encore temps de suivre un cours de rattrapage. Par exemple, sur la toile, le Dj vous propose un blog fort intéressant qu’il faut aller explorer d’urgence.

    DUCLOCK RESERVOIR CULTUREL - http://duclock.blogspot.com/

    C’est du vrac. On y trouve aussi bien des notes sur la situation actuelle de la Grèce, une vidéo de Hubert Félix Thiefaine, un doigt qui fait de la lumière et de ci de là des questions existentielles du genre : est-ce-que-bleach-etait-un-grand-album ? (note pour les peu introduits au rock : BLEACH : premier album de Nirvana ; Nirvana : groupe grunge américain formé en 1987 à Aberdeen par le chanteur et guitariste Kurt Cobain et le bassiste Krist Novoselic.

    C’est du vrac mais drôlement bien fait. Et pour un amateur comme moi de chaos, de fragments, de juxtapositions hardies, de coq-à-l’âne, c’est du petit lait. Le tout tient debout facilement, sans mots de liaison, sans chevilles, ficelles, câbles, vis, filins, peut-être parce qu’il y a du talent derrière. Un rythme. Une efficacité.

    Les archives contiennent des moments forts. C’est, comme le titre l’indique, un réservoir culturel où glaner quand passe le temps et les caravanes.
    Outre la page d’accueil, j’aime me perdre (pour de longs moments, hélas ! alors que je n’ai pourtant pas que ça à faire !) dans les quatre index :

    INDEX DES ALBUMS

    INDEX DES AUTEURS

    INDEX INTERVIEWS

    INDEX THEMATIQUE

     

    Ailleurs, sa signature apparaît aussi à l’adresse suivante :

    FONDU AU NOIR  - http://fonduaunoir44.blogspot.com/

    Plus lié au polar et à la revue L’INDIC – 15 euros l’abonnement correspondant à 3 numéros ; voir : http://fonduaunoir44.blogspot.com/2009/03/abonnement-pour-rester-en-contact-avec.html  -, FONDU AU NOIR, la part du polar, est lui aussi un réservoir culturel. Cliquez sur VIDEOS et LECTURES  tout en haut de la page d’accueil et vous accéderez à de passionnantes notes.

    FONDU AU NOIR : un blog à mettre sur écoute donc mais aussi une association, des restaus littéraires, des animations, la participation à des événements comme Mauves en noir.

    FONDU AU NOIR : Emeric Cloche et Caroline de Benedetti.

    A mettre en examen sans tarder.