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  • Caressant la vielle âme tout au fond, juillet 2012

     

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    Juin a ruisselé froid dans les caniveaux.

    Et juillet s’est traîné comme un été exténué…

     

    Alors bienvenue à cette vieille gloutonnerie de serial lecteur. Récits de Science-fiction, romans policiers, essais, littératures du voyage, les chansons de Lou Reed, howl & others poems d’Allen Ginsberg, le livre des haïku de Jack Kerouac, La Crevaille de Claude Pélieu, Roméo et Juliette (opéra en cinq actes, paroles de Jules Barbier & Michel Carré, musique de Ch. Gounod), L’enchanteur de Barjavel, Le chiendent de Queneau,  trois romans de Boileau-Narcejac…

    Lectures délibérément désordonnées, mêlant registres, genres, catégories. Cosmopolites. Briseuses de cloisons.

     

    Et quelques textes d’André Balthazar afin de préparer la soirée du 8 octobre à la salle Vasse. Redécouverte & émerveillement. L’étude qui les précédait avait pour auteur Gaspard Hons. Elle datait de 1993. 27 pages donc sur le créateur, avec Pol Bury, des éditions du Daily-Bul.

    Des proèmes pour reprendre le mot-valise de Francis Ponge. La forme poétique que je préfère. Peut-être parce que, si c’est toujours de la poésie, ce n’est déjà plus tout-à-fait du poème. 

    En lisant, quelque chose se mit à remuer en moi. Je ne sais quoi. L’âme, cette vieille toupie enfermée dans le coffre-fort de ma peau ? La folie, môme secouée qui hurle en silence sous la voute du crâne de chacun de nous et que des musiques littéraires caressent parfois dans le sens du poil ?

    En écrivant ceci, Balthazar se tenait au plus près des mots, les faisait vibrer, s’ouvrir dans tous les sens, dans toutes leurs sonorités. Au-delà des mots, mais avec eux, comme les cordes des violons, quelque chose caressait la vieille âme tout au fond.

     

    Ce fut un moment où les mots deviennent des tapis volants.

    Ce fut un instant où l’homme lui-même s’esquisse au bout de son propre stylo.

     

    LA MOULE

    Le masculin lui conviendrait bien, forme parfaite pour la fabrication en série (barbe comprise).

    Symétriques aussi, dans le dedans d’elles.

    Venue de la mer (presque), elle aime le sable et y fait les pâtés qu’on lui fait faire : pralines blondes à marée basse.

    On connaît moins son byssus qu’elle cache et qu’une larme de citron et la pointe d’un couteau révèlent, sans la roche ou le bois qui la tenaient, si gracieux dans son faisceau de filaments soyeux qu’une glande, lit-on, secrète.

    Les lamellibranches ont des idées fixes.

    Leurs lèvres frissonnent quand on les gobe.

    Elles s’achètent au litre, comme du gros rouge, elles, ces petites dodues au ventre blanc.

    (Buffonneries)

     

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    Gaspard Hons : André Balthazar, un philosophe qui s’ignore, qui joue à pigeon vole, un poète qui ne voudrait pas se prendre au sérieux...

    Quelqu’un qui a croisé le surréalisme, le mouvement cobra, l’art abstrait...

     

    La salle Vasse ? On y sera donc le 8 octobre, avec Jean-Pierre Verheggen & les plasticiens de Couleur dite parole peinte. Les peintures ont été refaites, les locaux remis à neuf. Le passé a changé de fringues, il peut tutoyer le présent désormais.

    Pour l’occasion, Michel Valmer, le Président de la Compagnie Théâtrale Science 89 a écrit un petit ouvrage : LA NOUVELLE SALLE VASSE OUVRE OFFICIELLEMENT SES PORTES LE 19 SEPTEMBRE 2012 À 19H30, paru récemment  aux éditions du Petit Véhicule.

    Quelques bribes qui me conviennent bien, embarcadères spirituels, relevés dans ledit opuscule :

    Pour Diderot, rappelons-le, l’Éclectique est : non pas l’homme qui impose, mais celui qui analyse les idées du temps et « foule aux pieds les préjugés ».

    (…)

    C’est donc dans l’esprit effervescent de la conversation, au sens que le dix-huitième siècle pouvait donner à ce terme, qu’il faut restituer le travail à venir (…)

    (…)

    Bien que (et parce que) ces dernières années le « théâtre des Idées » a pu ressentir trop souvent le fait d’être minoré par rapport au « théâtre d’images » ou au « théâtre sans texte », l’équipe vassienne a justement choisi de privilégier le «théâtre des Idées » (…)

    (…)

    En revendiquant une importance au texte, au « sens » retrouvé par les mots, la salle Vasse renoue avec une tradition de théâtre populaire (…)

     

    Ce qui n’exclue pas d’apprécier les autres théâtres…

     

     

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    Ecrire pour rester debout.

    Aller au théâtre pour se frotter à l’humain.

     

    Ailleurs, sur la toile, où les souris voyagent, rapides comme la pensée, une batterie de blogs passionnants, ceux de Cathy Garcia, revuiste, femme de poésie, photographe, plasticienne, und so weiter…

     

    http://cathygarcia.hautetfort.com

    http://delitdepoesie.hautetfort.com/

    http://imagesducausse.hautetfort.com/

    http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/

    http://larevuenouveauxdelits.hautetfort.com/

    http://ledecompresseuratelierpictopoetiquedecathygarcia.hautetfort.com/

    Il faut explorer et découvrir l’univers protéiforme de Cathy Garcia…

     

    Et pour finir. Harpe. Chant. Musique classique.

    C’est sur le site de Cécile Gravot, Jane Héraud et Mathilde Clavier : www.diefrisur.jimdo.com.

    Ecouter les enregistrements sur le vif :

    Voga Tonio/La Pesca, Gioachino Rossini. (Extraits)

    Ach wie so balt/Die Schwestern, Felix Mendelssohn/Johannes Brahms. (Extraits)

    Et Let us wander, Henry Purcell. (Extrait) qui a ma préférence malgré la brièveté de l’extrait proposé.

    J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’entendre Cécile Gravot et sa harpe. Parfois dans des registres et des jeux totalement inattendus. Où se mêlent élégance, grâce et humour. La plupart du temps, ça pétille.

     

    A côté des prunes du verger, juillet recelait quelques trésors.

     

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